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 SEPTEMBRE 1898 : L'IMPÉRATRICE SISSI ASSASSINÉE

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Monique
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MessageSujet: SEPTEMBRE 1898 : L'IMPÉRATRICE SISSI ASSASSINÉE   Lun 11 Sep - 16:12



10 SEPTEMBRE 1898, UNE DÉPÊCHE CONFIRME À LA PRESSE L'INFORMATION QUI S'ÉTAIT RÉPANDUE DANS L'APRÈS-MIDI : L'IMPÉRATRICE ELISABETH D'AUTRICHE A ÉTÉ ASSASSINÉE. STUPEUR ET INCOMPRÉHENSION À LA UNE.
Au lendemain de l'assassinat d'Élisabeth d'Autriche à Genève, la presse française consacre largement ses unes aux informations relatives aux circonstances d'un crime que personne ne semble comprendre. Tous publient le même récit des faits fourni par l'agence Havas. Dans Le Gaulois du 11 septembre 1898, on peut lire :

"L'impératrice d'Autriche avait quitté à midi quarante l'hôtel Beaurivage et se rendait à l'embarcadère des bateaux à vapeur, quand elle fut assaillie brutalement et frappée par un individu. Elle tomba, se releva bientôt et gagna le bateau, où elle perdit connaissance. Le capitaine, sur les instances des personnes de sa suite, se décida à ordonner le départ mais le bateau stoppa bientôt et il revint à l'embarcadère. L'Impératrice ne reprenant pas connaissance, on la transporta à l'hôtel Beaurivage sur une civière improvisée. Elle expira quelques instants après.
On constata qu'elle avait reçu un coup de stylet dans la région du cœur."

Le journal enchaîne sur le sort du régicide :

"À cinq heures, une nouvelle dépêche confirmait la précédente et donnait le nom de l'assassin, un anarchiste italien, né à Paris, nommé Luccheni [sic]. [...] Après avoir porté le coup, le meurtrier prit la fuite par la rue des Alpes et il voulut pénétrer dans le vaste square des Alpes, où il aurait pu se dissimuler facilement mais il fut saisi [...]. Le meurtrier suivit [les gendarmes] sans résistance et même il chantait et il dit entre autres choses : « Je l'ai bien touchée elle doit être morte »."

Le Gaulois rend compte de la vive émotion causée par ce crime "stupide et lâche" en la comparant en "intensité à celle qui se manifesta quand on apprit l'assassinat du président Carnot" (lui-même tué par un anarchiste italien en 1894). Et tandis que la France s'empêtre dans ses propres scandales entre dreyfusards et antidreyfusards, le journal local Le Petit Courrier de Bar-sur-Seine rapporte de Paris que, six jours après le drame, "l'horrible attentat dont l'impératrice d'Autriche vient d'être victime a pris le pas, dans les conversations publiques, sur l'énervant et éternel imbroglio des affaires Dreyfus".

La presse française marque son effarement, La Petite Gironde s'insurge :

"La raison et l’imagination se refusent également à croire à un crime aussi monstrueux, aussi illogique, aussi absurde. Par quelle aberration de l’intelligence, par quelle perversion inexplicable du sens moral, un misérable a-t-il pu — sans raison, sans but, sans résultats possibles — frapper de mort une malheureuse femme qui n’a jamais fait que répandre le bien autour d’elle et qui, dans son rang de souveraine, n’a jamais exercé la moindre influence sur la destinée des États européens ?"

Même incompréhension mêlée d'indignation pour les journalistes de L'Aurore qui titrent "Un crime inutile", rappelant à leur tour la bienveillance d'Élisabeth d'Autriche ainsi que son manque d'intérêt pour la politique — elle qui était "si peu impératrice !". Le Petit Caporal du 12 septembre dénonce quant à lui un "meurtre stupide" qui touche une femme déjà meurtrie par "ses souffrances intimes de mère, ses chagrins, qu'elle essayait de dissiper par les voyages".

Dans le même temps, les journalistes reviennent sur le mobile de Lucheni et débattent du caractère politique, justement, du crime. L'Aurore du 11 septembre prend parti et anticipe les réactions de la presse :

"Tous les journaux réactionnaires crieront au crime anarchiste ; on va, pendant quelques jours, répandre des îlots d'encre pour maudire l'anarchie. Il faut bien, de temps à autre, sauver, au moins en paroles, empires et républiques. Pour nous, un tel acte ne peut être que l'acte d'un inconscient, un coup de folie sanglante."



L'anarchisme s'invite effectivement dans les unes françaises suite à l'assassinat. La Gazette de France, 12 septembre 1898 :

"L'impératrice d'Autriche a été assassinée à Genève par un anarchiste, qui n'a pas hésité à déclarer n'avoir rien de personnel contre cette souveraine. Il a agi "pour l'exemple" ! Interrogé aussitôt sur les mobiles de son acte odieux, il a répondu très délibérément :

« Si tous les anarchistes faisaient leur devoir comme j'ai fait le mien, la société bourgeoise aurait vite  disparu. Je savais bien que ce meurtre isolé ne servait à rien, mais je l'ai accompli à titre d'exemple. »

La Propagande par le fait enseignée par les Doctrinaires du nihilisme et de l'anarchisme veut, en effet, des adeptes de cette trempe, qui vont jusqu'au bout de leur affirmation."



Tandis que Le Petit Troyen du 13 septembre maudit "une doctrine qui tend à faire rétrograder l'humanité jusqu'aux temps de l'extrême barbarie".

Crime politique ou folie meurtrière ? La question se discute encore jusqu'en novembre, quand Lucheni est jugé puis condamné à Genève à la "réclusion perpétuelle". Les informations sur le procès qui parviennent en France inspirent à Gaston Leroux une réflexion sur les grands anarchistes de l'histoire, et sur la place, dans ce panthéon, de Lucheni. Dans Le Matin du 12 novembre, il dit :

"J'ai vu les grands anarchistes, ceux dont la propagande par le fait a jeté la terreur dans la cité et dans l'État. j'ai vu Ravachol, Vaillant, Émile Henry, Léauthier, Caserio. je n'ai point vu Lucheni. Les correspondances qui nous arrivent de Genève ne me font rien regretter. la psychologie de l'assassin de l'impératrice d'Autriche apparaît des moins compliquées et d'un intérêt médiocre."



La Gazette Nationale du 16 septembre 1898 retrace les obsèques de l'impératrice, dont le corps quitte l'hôtel de Beaurivage pour rejoindre la crypte des Capucins dans une Vienne revêtue d'une "parure du deuil [qui] produit [...] une impression saisissante". Luigi Lucheni, quant à lui, sera retrouvé pendu dans sa cellule le 19 octobre 1910.
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